8ème rencontre du réseau régional « Mixité et gouvernance autour de la Méditerranée »

L’ambassadeur Bruno Foucher était à l’ouverutre, le mercredi 24 octobre, de la 8ème rencontre du réseau régional « Mixité et gouvernance autour de la Méditerranée » à l’Institut Basil Fuleihan des finances

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Ouverture de la 8ème rencontre du réseau régional « Mixité et gouvernance autour de la Méditerranée » à l’Institut des finances
(24 octobre 2018, Beyrouth)

Discours de M. Bruno FOUCHER
Ambassadeur de France au Liban

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Madame la ministre,
Madame la présidente de l’Institut des Finances Basil Fuleihan,
Madame la co-présidente du réseau régional « Mixité et gouvernance autour de la Méditerranée »,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

J’ai souhaité être parmi vous ce matin pour ouvrir cette 8ème rencontre du réseau « mixité et gouvernance autour de la Méditerranée », pour trois raisons.

Première raison : ce réseau a été créé en 2014 par la France et le Maroc, autour d’une idée qui peut sembler simple, mais qui est en fait assez innovante : créer un réseau de personnes, et non pas d’institutions, afin d’encourager le « réseautage » – au meilleur sens du terme - entre des femmes occupant des fonctions élevées au sein de la fonction publique, entre des femmes qui peuvent et veulent aider des femmes, et ainsi, contribuer au renforcement de la place des femmes au sein des administrations et des politiques publiques.

On a beaucoup dit que pour renforcer l’Etat de droit, il fallait renforcer les institutions et non pas appuyer les hommes forts. Mais, en réalité, vous le savez, pour renforcer les institutions, il faut commencer par renforcer et accompagner les femmes et les hommes de bonne volonté, qui veulent être des acteurs du changement.

C’est tout le sens du programme du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de « personnalités d’avenir » et des programmes de l’Institut français en faveur des nouveaux talents.

Ce réseau, qui s’est régulièrement réuni depuis sa création, a pleinement fait la preuve de son utilité. Nous souhaitons qu’il monte encore en puissance ; et la France est prête à continuer à vous accompagner.

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La deuxième raison pour laquelle je souhaitais être présent, c’est que cette réunion se tient à l’Institut des finances Basil Fuleihan.

Cette institution, créée par la France et le Liban en 1998, s’est très rapidement imposée comme l’institution de référence en matière de formation des hauts fonctionnaires, au-delà même de la seule gouvernance financière. Elle est, pour la France et pour bien d’autres pays et institutions internationales, un partenaire d’excellence et de confiance.

Si cette institution a su s’imposer comme une institution d’excellence, réputée pour son efficacité et son intégrité, c’est largement grâce à sa présidente, Lamia Moubayed, une dirigeante exceptionnelle, que mon gouvernement a à juste distinguée en la faisant récemment chevalière de l’Ordre national du mérite.

Lors de la cérémonie de remise de décoration que mon prédécesseur avait accueilli à la Résidence des Pins, vous aviez d’ailleurs tenu, chère Lamia, un discours très fort et sans concession sur la nécessité de renforcer les institutions libanaises et de professionnaliser et légitimer ceux qui les servent.

A la tête de l’Institut des finances, vous avez sur consolider cette institution en l’étayant sur une équipe dirigeante dynamique, efficace et très féminine, puisque que vous avez imposé plus que la parité – elle compte un seul homme sur 15 personnes…

Nous réfléchissons à renouveler l’arrangement administratif entre la France et le Liban, afin de définir un nouveau plan d’action en matière de gouvernance. Je sais pouvoir compter sur l’Institut des finances pour nous aider à cibler des domaines dans lesquels nous pourrons avoir un véritable impact, en prenant pleinement en compte la dimension de l’égalité homme-femme.

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La troisième raison pour laquelle je souhaitais vous dire quelques mots ce matin, c’est parce que l’égalité homme-femme est une priorité du gouvernement français, aussi bien au plan national qu’international.

Au plan national, nous avons fait beaucoup de progrès ces dernières années. De 2012 à 2017, la France est passée, selon le Forum économique mondial, du 45ème au 11ème rang mondial en matière d’égalité femmes-hommes ; ce qui nous place au premier rang des pays du G20. Ce résultat, nous le devons à des politiques volontaristes.

Par politiques volontaristes, j’entends non seulement une égalité totale des droits en matière d’héritage, de transmission de la nationalité, de droit de garde des enfants – autant de domaines où beaucoup de progrès restent à faire, notamment autour de la Méditerranée.

Par politiques volontaristes, j’entends aussi des politiques plus offensives visant à imposer l’égalité réelle à la société : fixation de quotas en matière de représentation politique, d’accès aux postes d’encadrement au sein de la fonction publique ou de participation aux conseils d’administration.

Pour autant, la mixité reste encore insuffisante : notamment dans la fonction publique : en France, seulement 32% de femmes occupent un emploi de direction dans la fonction publique d’Etat, alors qu’elles représentent 55% des effectifs.

Cette mixité au sein du système politico-administratif doit plus que jamais rester notre priorité. Car l’Etat doit non seulement montrer l’exemple, mais il doit être un vecteur de changement ; et il ne peut l’être que si les femmes sont aux commandes.

Il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir : au niveau mondial, en 2016, seulement 20 % des membres des organes législatifs, 19 % des chefs d’État et 18 % des ministres étaient des femmes.

Dans ce que l’on doit bien appeler un « combat », vous pouvez compter sur la France pour continuer à défendre l’universalité absolue des droits des femmes, aussi bien dans les enceintes internationales que dans son dialogue bilatéral. Nous n’accepterons aucune régression normative au niveau international. Nous n’accepterons aucune remise en question au nom d’un soi-disant relativisme culturel.

Vous pouvez aussi compter sur la France pour promouvoir la prise en compte de l’égalité homme-femme dans les politiques de développement. A cet égard, la France s’est donné pour objectif ambitieux d’atteindre 50 % d’aide dite « genrée », c’est-à-dire ayant un effet positif sur l’égalité femme-homme, et ce d’ici 2022.

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Chères amies, chers amis,

Je vous redis tout notre soutien et notre admiration pour l’action que vous menez et vous souhaite à toutes et à tous un excellent séminaire et des échanges fructueux./.

Dernière modification : 24/10/2018

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