99e commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918

L’Ambassadeur de France au Liban, M. Bruno Foucher, a présidé une cérémonie commémorative samedi 11 novembre 2017, à l’occasion du 99ème anniversaire de l’armistice de la Première guerre mondiale, afin de rendre hommage aux soldats morts pour la France.

La commémoration s’est déroulée dans les cimetières militaires français de Beyrouth (cimetières chrétien, musulman et indochinois), en présence des ambassadeurs des nations ex-belligérantes, de représentants des Forces armées libanaise, du général Beary, force commander de la FINUL, d’attachés de défense étrangers et d’anciens combattants.

D’autres cérémonies ont eu lieu par la suite dans les cimetières français de Beit ed Dine, Kab Elias, Rayak et Tripoli.

L’Ambassadeur a prononcé le discours ci-dessous :

"Mesdames et messieurs les Ambassadeurs, monsieur le général commandant de la force intérimaire des Nations unies pour le Liban, monsieur le représentant du commandant en chef de l’armée, messieurs les officiers généraux, monsieur le général chef d’état-major de la FINUL, madame et messieurs les élus à l’Assemblée des français de l’étranger (AFE), chers anciens combattants, chers soldats de la FINUL et chers élèves, mesdames, messieurs.

Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour commémorer l’armistice de la première guerre mondiale.

Le 11 novembre 1918, dans l’aube d’une clairière de Picardie, des représentants du gouvernement allemand et du haut commandement allié ont signé la fin d’une guerre qui a causé plus de 8 millions de morts, 6 millions d’invalides, 3 millions de veuves, 6 millions d’orphelins.

L’année 1917 fut un tournant dans cette guerre industrielle totale.
C’est l’année des dernières hécatombes pour percer le grand mur de chair et d’acier, vers la victoire. L’année de la Bainsizza, où trente mille Italiens et vingt mille Autrichiens s’entretuèrent sur les hauts plateaux alpins. L’année de Passenndale, où périrent près de deux cent mille soldats venus du Royaume Uni et de tout l’empire britannique. L’année du Chemin des Dames, où moururent près de cent quatre-vingt-dix mille Français et cent soixante-dix mille Allemands.

En 1917, en France, le cap du million de morts a été franchi. Ce décompte morbide s’est ajouté à celui des dommages profonds subis pendant trois ans par les économies et les sociétés. En 1917, dans toute l’Europe, la grande fatigue des peuples a éclaté en mutineries, révoltes et révolutions.

Pourtant 1917 fut aussi l’année des prémices de la fin du conflit. C’est l’année de l’engagement des Etats Unis, dont la finance, l’industrie et le sacrifice de plus d’une centaine de millier de soldats ont permis d’épargner à l’Europe plus de souffrances et de destructions. C’est l’année de la création du Détachement français de Palestine et de Syrie dont les 7.000 hommes, en majorité levantins, sont entrés victorieux à Beyrouth le 7 octobre 1918.

Un siècle plus tard, notre présence prouve que tous ces sacrifices n’ont pas été vains. Représentants des belligérants de 1917, nous témoignons ici de notre confiance dans la paix et l’action collective. Nous cultivons aux côtés des Libanais l’esprit de réconciliation, de dialogue et de reconstruction par lequel la France et les autres nations européennes ont rompu le cycle de la haine. Dans ce temps d’incertitude, nous saluons le sens des responsabilités des Libanais, qui mesurent combien il n’est dans l’intérêt de personne d’ouvrir une nouvelle période d’instabilité.

C’est sans doute le plus bel hommage aux peuples et aux soldats de la Grande guerre, qui ont tant souffert et qui sont morts si nombreux.

Je vous remercie."

Dernière modification : 16/11/2017

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