Célébration du 14 juillet à la Résidence des Pins

Retrouvez l’allocution de M. Bruno Foucher, Ambassadeur de France au Liban, prononcée à l’occasion de la réception annuelle du 14 juillet à la Résidence des Pins

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Monsieur le ministre d’Etat pour la lutte contre la corruption, représentant le président de la République,
Monsieur Mahmoud Berri, représentant le président de la Chambre des députés,
Monsieur le ministre de la Culture, représentant le président du Conseil des ministres,
Madame l’ambassadrice, représentant le ministre des Affaires étrangères et des Emigrés,
Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les députés,
Messieurs les représentants des communautés religieuses,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs les élus de la communauté française,
Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes et chers amis libanais,

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C’est pour moi une très grande joie de me trouver ce soir parmi vous, pour célébrer la fête nationale française et l’amitié franco-libanaise.

Dans des circonstances plus habituelles, je vous aurais souhaité la bienvenue dans cette magnifique demeure. Mais ce soir, alors que je viens tout juste d’arriver et de prendre mes fonctions, je voudrais plutôt vous remercier de l’accueil chaleureux que vous me réservez et des encouragements amicaux que vous me prodiguez.

A bien y réfléchir, il est, au fond, très naturel que ce soit vous, chers compatriotes et chers amis libanais, qui m’accueilliez ce soir à la Résidence des Pins, plutôt que l’inverse. Car ce lieu, chargé d’histoire et de mémoire, est tout autant la Résidence de France que la maison de tous les Libanais et le berceau-même du Liban moderne, ce Liban dont nous célèbrerons bientôt le centième anniversaire ensemble.

Je voudrais remercier les autorités libanaises, pour m’avoir permis d’être ici ce soir en faisant aboutir avec diligence les procédures diplomatiques. Je voudrais également remercier l’ensemble des équipes de l’ambassade, dont l’activité ne s’est pas relâchée après le départ d’Emmanuel Bonne, à qui j’adresse une pensée amicale et qui prend, dans ses nouvelles fonctions, un soin tout particulier du Liban.

Je salue tous les Libanais venus nombreux manifester leur amitié pour la France et leur attachement à sa langue, à sa culture et à ses valeurs.

Je salue également les Français du Liban, dont l’action énergique dans tous les secteurs apporte une contribution essentielle à l’approfondissement des liens entre la France et le Liban. Mes remerciements s’adressent tout particulièrement à leurs élus et à leurs associations, qui font un travail remarquable.

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Mesdames et Messieurs,

Les Libanais ont toujours pu compter sur le soutien de mon pays, dans les bons comme dans les mauvais moments. Aujourd’hui, le Liban va mieux et la France continuera de l’accompagner sur la voie de l’amélioration.

Sur le plan politique, en effet, un chemin important a été parcouru. Les forces politiques se sont entendues pour élire un président, désigner un Premier ministre, former un gouvernement et procéder à des nominations à la tête des principales institutions du pays. Elles l’ont fait dans un cadre libanais, à l’abri des influences extérieures.

Plus récemment, elles sont parvenues à adopter une nouvelle loi électorale. La tenue dans les temps des élections législatives permettra de parachever le processus de remise en marche des institutions et de conduire les réformes dont le Liban a besoin et que les citoyens attendent.

Mon pays est confiant dans la capacité du Liban à poursuivre en ce sens. Il est déterminé à lui apporter le soutien nécessaire. Il le fera comme membre de l’Union européenne, qui a proposé son assistance pour l’organisation du prochain scrutin. Il le fera comme fondateur du Groupe international de soutien, qui est le garant du consensus international en faveur de la stabilité du Liban. Il le fera comme membre permanent du Conseil de sécurité, où il est au premier rang pour défendre la souveraineté, l’indépendance et la sécurité du Liban.

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Mesdames et Messieurs,

Sur le plan sécuritaire aussi, la situation s’est améliorée. Nous pouvons nous réjouir que le Liban n’ait pas subi d’incident sécuritaire majeur depuis plusieurs mois. Mais nous devons aussi rester vigilants, car cette accalmie n’est pas due au recul de la menace mais à l’efficacité de l’armée et des services de sécurité. L’intervention récente de l’armée à Ersal a confirmé la réalité de cette menace. Je salue la décision d’ouvrir une enquête sur les conditions dans lesquelles cette opération, nécessaire, a été conduite.

L’efficacité de l’armée et des services de sécurité leur vaut toute notre admiration. Elle leur vaut aussi toute notre reconnaissance, tant nous savons qu’en protégeant le Liban, ils contribuent aussi à la sécurité de la France. Car ceux qui ont frappé à Bourj el-Barajneh et à Qaa sont les mêmes que ceux qui ont frappé à Paris et, il y a un an exactement, à Nice.

Il est donc naturel que la coopération dans le domaine de la sécurité figure en tête de nos priorités. Nous livrons actuellement les équipements promis par le président Hollande en avril 2016, qui permettront à l’armée libanaise de mieux combattre les groupes djihadistes dans la région d’Ersal. Nous approfondirons également notre coopération historique avec l’ensemble des services de sécurité du Liban.

Au Liban-Sud, nous resterons pleinement engagés au sein de la FINUL. Le contingent français représente notre participation la plus importante à une opération de maintien de la paix. Il permet à la France d’apporter une contribution décisive à la cessation des hostilités qui prévaut depuis plus de dix années. Il permet aussi à la France de soutenir le gouvernement libanais dans sa volonté d’exercer sa souveraineté sur tout le territoire. Nous savons que la lutte contre le terrorisme accapare une partie importante des moyens qui pourraient être déployés au Sud mais nous coopérons activement avec l’armée libanaise pour qu’elle soit mieux préparée à assumer sa mission dans cette région.

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Mesdames et Messieurs,

La crise syrienne, je l’ai dit, représente un défi pour la sécurité du Liban. Sur le plan humanitaire, la présence des réfugiés exerce une pression importante sur les infrastructures et renforce la vulnérabilité des populations qui les accueillent.

La générosité du Liban est sans équivalent mais ses capacités ne sont pas sans limites. La France est solidaire et prend sa part à la réponse internationale. Elle a rehaussé son niveau d’intervention, en augmentant ses financements et en accueillant plus de réfugiés. Il serait malvenu de dire que la réponse est suffisante, car la crise a une ampleur exceptionnelle, mais les partenaires du Liban font tout leur possible pour alléger ce fardeau.

Nous voulons aussi préparer l’avenir, car les réfugiés syriens n’ont pas vocation à s’implanter au Liban. Le retour durable des réfugiés dans leur pays, comme la reconstruction économique durable de la Syrie, supposent une paix elle aussi durable, c’est-à-dire une solution politique. Nous constatons la mise en œuvre d’opérations de retour, locales et limitées, mais les conditions d’un plan d’ensemble ne sont pas encore réunies.

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Mesdames et Messieurs,

Si la France se tiendra toujours aux côtés des Libanais, pour eux seuls et sans arrière-pensée, avec l’unique objectif de leur être utile, c’est qu’elle partage avec eux une même vision du Liban.

Celle d’un Liban pluriel et convivial, polyglotte et francophone, enraciné dans ses terroirs et ouvert sur le monde, moderne, créatif, innovant et entreprenant. Celle d’une société consciente que son atout le plus précieux est l’homme, c’est-à-dire, dans le sens le plus noble de l’expression, le capital humain.

Alors que je quitte mes fonctions de président de l’Institut français, qui est l’opérateur en charge de l’action culturelle extérieure de la France, je veux vous dire que je mettrai une énergie particulière à renforcer les actions structurantes destinées à enrichir ce capital humain.

Car je suis pleinement convaincu que c’est par l’éducation, par la culture, par les sciences et les arts, par les nouvelles technologies que les Libanais se construiront comme individus éclairés et bâtiront le Liban de demain – ce Liban que les Libanais veulent pour eux-mêmes mais qui est aussi un message pour la région et pour le monde.

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Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes et chers amis libanais,

Les circonstances sont aujourd’hui particulièrement propices pour que l’amitié franco-libanaise s’exprime dans toute sa plénitude. Les institutions libanaises se remettent en marche et la France, qui vient elle aussi de se doter de nouvelles autorités, est plus que jamais solidaire de ses partenaires, ambitieuse pour l’Union européenne et engagée dans le monde.

Dans ce contexte très favorable, je veux vous assurer de ma pleine implication pour que nous tirions, ensemble, le meilleur de notre amitié historique, des échanges humains incessants et dans tous les domaines, des projets qui s’expriment de toutes parts et des instruments hors-normes dont dispose ici la diplomatie française. En un mot, je souhaite faire porter ses plus beaux fruits à notre relation d’exception.

Je vous souhaite un joyeux 14 juillet et je remercie la musique des Forces de sécurité intérieure et Caroline Solage, qui vont maintenant interpréter les hymnes nationaux.
Vive la France ! Vive le Liban ! Vive l’amitié franco-libanaise !

Résidence des Pins, 14 juillet 2017

Dernière modification : 17/07/2017

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