Cérémonie en l’honneur des bacheliers majors de promotion

Retrouvez le discours prononcé par l’ambassadeur Bruno Foucher lors de la cérémonie en l’honneur des bacheliers majors de promotion du Baccalauréat français au Liban en 2018

Monsieur le ministre,
Messieurs les directeurs généraux,
Madame la directrice des examens officiels,
Madame l’inspectrice générale,
Monsieur le président du jury,
Mesdames et Messieurs les chefs d’établissement,
Mesdames et Messieurs les professeurs,
Chers parents et chers lauréats,

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Bienvenue à la Résidence des Pins, cette maison qui est avant tout celle des Libanais depuis que le général Gouraud y a proclamé le Grand Liban il y a bientôt cent ans. Ce soir, en ce lieu emblématique de notre amitié pluri-centenaire, nous renouvelons les liens entre nos deux pays en mettant à l’honneur la jeunesse.

Nous sommes en effet réunis pour honorer les majors de promotion du baccalauréat français au Liban pour l’année 2018. Chers lauréats, nous sommes admiratifs de votre succès, qui vous ouvre toutes les portes.

Mais, ce soir, nous rendons aussi hommage aux 2 600 lauréats au Liban – six fois plus qu’en 1970, ce qui est un record. Car l’objectif du système éducatif français n’est pas seulement d’assurer la réussite des meilleurs, il cherche aussi à accompagner tous les élèves vers le succès. Avec un taux de réussite de près de 98% au Liban, nous nous rapprochons de cet objectif, qui est au cœur du projet de l’école de la République.

Ce succès n’aurait pas été possible sans la mobilisation de toute la communauté éducative qui a accompagné cette promotion. Nous remercions les familles – car il n’y a pas d’instruction sans éducation –, les chefs d’établissements et les professeurs – car il n’y a pas d’éducation sans instruction.

Ce soir, enfin, nous faisons honneur à la famille de l’enseignement scolaire franco-libanais, que nous souhaitons élargir dans les années à venir.

Jusqu’à cette année, le Liban comptait 41 établissements homologués par le ministère français de l’éducation nationale, scolarisant 60 000 élèves.

Ils seront 43 à la rentrée, puisque pour la première fois depuis des années, deux nouveaux établissements ont été homologués.

Notre famille va continuer à s’agrandir rapidement, puisque le président de la République nous a fixé un objectif ambitieux : celui de doubler le nombre d’élèves scolarisés dans les écoles à programme français d’ici 2025. Je suis convaincu que le Liban, qui constitue déjà le plus grand réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger, montrera la voie. Toute mon équipe est mobilisée pour accompagner les écoles qui souhaiteraient s’engager dans ce sens.

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Chers lauréats, chers parents,

En faisant le choix du système éducatif franco-libanais, vous avez fait un choix ambitieux à tous égards.

Vous avez fait le choix de l’excellence. Le réseau scolaire français au Liban est d’une qualité exceptionnelle. J’en veux pour preuve le pourcentage de mentions : trois lauréats sur quatre, 18 % de mentions Très bien et 26% de mentions Bien.

Vous avez, aussi, fait le choix de la francophonie, une francophonie qui n’est en rien défensive. Elle est au contraire le pilier du trilinguisme qui fait la force de l’enseignement franco-libanais et de ses élèves.

Chers élèves, cette francophonie, soyez-en fiers, partout où votre parcours vous mènera. Soyez-fiers, car la langue française est une langue de culture, mais aussi une langue des affaires, une langue du droit, une langue de l’innovation scientifique ou médicale. Soyez-en fiers, car elle est, en un mot, pour toujours votre langue.

Vous avez, enfin, fait le choix de l’innovation, car le Liban est à l’avant-garde de la modernité éducative. Nous avons franchi cette année une étape importante en matière d’innovation pédagogique, avec la création à l’ÉSA d’un Institut de formation dédié aux écoles françaises de toute la région. J’ai moi-même eu l’honneur de remettre leurs diplômes délivrés par l’université de Clermont Auvergne à sa première promotion la semaine dernière.

Cet institut vient compléter le dispositif important déployé par l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger. Ainsi, nous nous donnons pleinement les moyens de faire grandir notre réseau en quantité et en qualité.

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Chers amis,

En faisant ce choix du baccalauréat français, c’est aussi, au fond, une certaine vision du monde que vous avez choisie, un modèle qui encourage les élèves à connaître leur passé et à cultiver leur esprit critique pour devenir des citoyens du monde lucides, engagés et soucieux du bien commun.

Un philosophe que j’aime beaucoup, Jean-François Lyotard, pointait les risques d’une école de l’efficacité, qui instigue « la terreur de la performativité » en faisant des élèves des êtres purement opérationnels. Notre modèle s’inscrit en faux contre cela et apprend à s’émouvoir, à rêver et à raisonner. Nous croyons en ce modèle car il fait le pari de l’intelligence et promeut une société de la diversité et du dialogue.

Dans une région marquée par la répression, le fanatisme et les attaques contre les libertés publiques, le Liban constitue un îlot de stabilité, de modernité et d’ouverture. Eh bien, l’ambition de l’enseignement français, c’est de renouveler ce Liban que nous aimons.

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Chers amis,

Je laisse maintenant la parole au ministre, que je remercie chaleureusement de sa présence et de son soutien constant à l’enseignement franco-libanais.

Félicitations aux majors de promotion, vive l’amitié entre la France et le Liban !

Dernière modification : 03/07/2018

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