Commémoration du 34e anniversaire de l’attentat du Drakkar en présence du général Puga

Ce 23 octobre marque le 34e anniversaire de l’attentat qui a visé le poste Drakkar du contingent français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth et dans lequel 58 militaires français ont trouvé la mort.

A cette occasion, l’Ambassadeur de France au Liban, M. Bruno Foucher, a présidé une cérémonie d’hommage devant le monument aux morts de la Résidence des Pins, en présence du général d’armée Benoit Puga, Grand Chancelier de la Légion d’honneur, du général Bassam Yassine, représentant le commandant en chef de l’armée libanaise, et du général Christian Thiébault, chef d’état-major de la FINUL, ainsi que de l’ambassadrice des Etats-Unis, Elizabeth Richard, et des attachés de Défense des nations ayant contribué à la FMSB.

Cette cérémonie a été l’occasion pour le général Puga de remettre au général Alain Pellegrini, ancien commandant de la FINUL, l’insigne de Grand Officier dans l’ordre national du Mérite. Il a décoré le général libanais Ziad Chahine de l’insigne d’Officier dans l’Ordre national du Mérite. Deux sous-officiers français ont aussi été décorés de la Médaille militaire, en signe de reconnaissance de leur carrière exemplaire. Le cocktail organisé à la Résidence des Pins a permis au Général de s’entretenir avec les anciens combattants et les représentants des associations.

Dans son allocution, l’Ambassadeur a rappelé la constance et la force de l’engagement de la France au service de la paix au Liban :

« Monsieur le général Benoit PUGA, grand chancelier de la Légion d’honneur,
Monsieur le général Bassam YASSINE représentant du commandant en chef des Forces armées libanaises,
Messieurs les officiers généraux, monsieur le général Christian THIEBAULT, chef d’état-major de la FINUL,
Messieurs les ambassadeurs et représentants des ambassades des pays ayant contribué à la Force multinationale de sécurité à Beyrouth,
Chère Elizabeth,
Mesdames et Messieurs les conseillers consulaires,
Chers Anciens combattants,
Mesdames et Messieurs, chers amis
Je vous remercie de votre présence à cette cérémonie.

Merci aux unités militaires françaises représentées : le 3ème régiment de Hussards, qui constitue le noyau dur de notre contribution actuelle à la FINUL.

Merci aux Marines du Détachement de sécurité de l’ambassade américaine, de participer, à nos côtés, à cette cérémonie.

C’est avec beaucoup d’émotion que je préside aujourd’hui à vos côtés cette cérémonie, en ce lieu que vous avez connu, mon général, à l’été 1982, quand vous commandiez une compagnie du 2ème Régiment étranger de parachutistes, en ce lieu précis où, un matin d’octobre 1983, furent alignés 58 cercueils de soldats français.

En 1983, la France agissait déjà au Liban pour la paix dans une guerre civile impitoyable, qui faisait rage depuis plus de quatre ans. Elle avait répondu à l’appel du gouvernement libanais aux Nations unies, aux côtés de ses grands alliés, américains, britanniques et italiens, au sein de la Force multinationale de sécurité.

Impartial, le contingent français patrouillait, déminait, veillait nuit et jour, aux côtés des Forces armées libanaises, pour la paix et le retour de l’autorité légitime de l’Etat. Ces soldats français étaient déployés sur plusieurs positions au nord de l’aéroport ; l’une de ces positions était un immeuble baptisé « Drakkar ».

Au matin du 23 octobre 1983, à 6h20, un attentat au camion piégé vise le quartier-général des forces américaines situé sur l’aéroport international de Beyrouth : 241 militaires américains sont tués. Nous avons une pensée émue pour leur sacrifice et pour le deuil de leurs familles. We salute the memory of 241 Service members of the United States Marines Corps, who fell that terrible day.

4 minutes plus tard, ce 23 octobre, l’immeuble « Drakkar » est détruit, lui aussi, par un camion piégé.

Le bilan de cette attaque sera terrible. Malgré l’intervention rapide des secours pour fouiller les décombres des 9 étages du « Drakkar », on dénombrera 58 morts parmi les soldats français et seulement 15 survivants.

Nous n’oublions pas. Nous n’oublierons jamais que ceux qui ont commis ces meurtres ne souhaitaient assurer ni la paix, ni la sécurité, ni la stabilité du Liban.

Ces militaires français n’étaient pas là pour faire la guerre ou gagner une bataille pour leur pays. Ils étaient là parce que la France avait répondu à l’appel des autorités libanaises. La France les avait envoyés là pour aider le Liban et les Libanais à revenir sur le chemin de la réconciliation et de l’entente nationale qui mène à la Paix.

De 1982 à 1984, ils sont 8.000 à s’être ainsi succédé à Beyrouth, entretenant l’espoir dans l’enfer d’un affrontement urbain sans merci. 89 d’entre eux sont tombés pour la paix au Liban dans le cadre de la FMSB.

Aujourd’hui, la France est toujours présente au Liban. Et c’est encore pour protéger la Paix qu’elle envoie ses soldats, comme en témoignent les quelque 650 soldats français déployés au Sud-Liban au sein de la FINUL. Depuis 39 ans, chacun sait combien leur présence au Sud-Liban, aux côtés des contingents des autres nations contributrices de troupes, est indispensable pour aider les Forces armées libanaises.

Les pays qui sont présents ici contribuent, chacun à leur mesure, à renforcer les capacités des FAL. Nous saluons les exploits militaires des forces armées libanaises cet été, dans l’opération « Fajr el Jouroud ». Nous saluons la décision d’envoyer un régiment d’intervention au sud du Litani. Tout ceci contribue au retour à la souveraineté de l’Etat libanais sur tout son territoire.

Je sais combien les Libanais mesurent l’importance de la mission de nos soldats, je sais combien les Libanais leur en sont reconnaissants : au nom de la France, nous pouvons être fiers de ce qu’ils accomplissent et je les en remercie au plus haut point.

Mais notre action ne s’arrête pas à notre participation à la FINUL. Les détachements d’instruction opérationnelle viennent apporter leurs savoir-faire à leurs frères d’armes libanais. Depuis 2014, nous avons plus que triplé notre effort de formation au profit des unités opérationnelles libanaises. Cet effort sera maintenu en 2018. Nous venons également de faire aboutir le plan de coopération renforcé annoncé en avril par le président Hollande, qui a doté l’armée libanaise d’une capacité de combat anti-char efficace et robuste, comme l’ont montré les tirs de qualification des équipages qui ont eu lieu dans la Békaa à la fin du mois de septembre. Le président Macron l’a dit pendant la visite d’Etat du président Aoun : nous prendrons dans les mois à venir d’autres initiatives internationales en faveur de l’armée libanaise.

Enfin, cette cérémonie est l’occasion de remettre une décoration à un officier qui illustre l’amitié franco-libanaise et cette fraternité d’armes. Les insignes de Grand Officier de l’Ordre national du Mérite ont été remis au général Alain Pellegrini. Il est un grand ami du Liban, qui participa lui aussi à la FMSB. Grande figure d’officier français, il se distingua particulièrement à la tête de la FINUL, en 2006. Tous ceux qui étaient présents à cette époque au Sud Liban se souviennent de son action résolue et déterminante pour que la FINUL continue à jouer son rôle au profit de la population libanaise malgré les combats.

Le général Puga a également remis au général Ziad Chahine l’insigne d’officier de l’Ordre national du Mérite. Nous honorons ainsi l’officier d’infanterie brillant, l’instructeur hors pair à l’école d’état-major, le chef du centre qui contribue, à l’aéroport de Beyrouth, à la sécurité des voyageurs libanais et internationaux.

Je salue les deux sous-officiers français en service à la FINUL qui ont reçu aujourd’hui la Médaille militaire, en signe de reconnaissance de leurs carrières exemplaires.

C’est bien là, aussi, le sens de cette cérémonie, aux côtés de nos frères d’armes libanais et de nos amis américains, britanniques, italiens : marquer cette fraternité d’armes et l’engagement ancien, actuel et durable de la France au service de la Paix au Liban.

Vive le Liban ! Vive la France ! ».

PNG

Au cours de son séjour à Beyrouth, le Grand Chancelier s’est également entretenu avec le président de la l’Association des membres de la Légion d’Honneur Liban, Michel Béchara El Khoury, ainsi que des membres de l’Ordre, dont M. Marwan Hamadé, ministre de l’Education.

Dernière modification : 31/10/2017

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