Commémoration du centenaire de l’Armistice du 11 novembre

L’Ambassadeur Bruno Foucher a présidé, samedi 10 novembre, une cérémonie commémorative à l’occasion du centenaire de l’armistice de la Première guerre mondiale dans les cimetières militaires français de Beyrouth (cimetières chrétien, musulman et indochinois) en présence des ambassadeurs des nations ex-belligérantes, de représentants de la Finul et d’anciens combattants.

Deux délégations de l’ambassade se sont rendues par la suite dans les cimetières français de Kab Elias, Rayak et Tripoli.

Retrouvez l’allocution prononcée par l’Ambassadeur pour l’occasion.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Représentant du Commandant en chef de l’armée,
Messieurs les officiers généraux,
Monsieur le général chef d’état-major de la FINUL,
Madame et Messieurs les Conseillers consulaires,
Chers anciens combattants,
Chers soldats de la FINUL et chers élèves,
Mesdames, Messieurs.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer l’Armistice de la Première Guerre mondiale, cent ans après la signature du traité de paix qui a mis fin à ce conflit d’une extrême violence.

Je souhaite vous lire les mots du Président de la République française, Emmanuel Macron, qui sont adressés à tous les Français où qu’ils résident, en France où à l’étranger :

« Un siècle.

Un siècle que l’Armistice du 11 novembre 1918 est venu mettre un terme aux combats fratricides de la Première Guerre mondiale.

A cet affrontement interminable nation contre nation, peuple contre peuple. Avec ses tranchées pleines de boue, de sang et de larmes. Ses orages de feu et d’acier qui grondaient par tous les temps et déchiraient les ciels les plus calmes. Ses champs de bataille éventrés et la mort, omniprésente.

Le 11 novembre 1918, un grand soupir de soulagement traverse la France. Depuis Compiègne où l’armistice a été signé à l’aube, il se propage jusqu’aux champs de bataille.

Enfin, après quatre interminables années de bruit et de fureur, de nuit et de terreur, les armes se taisent sur le front occidental.

Enfin, le vacarme funeste des canons laisse place à la clameur allègre qui s’élève de volées de cloches en sonneries de clairons, d’esplanades de grandes villes en places de villages.

Partout, on célèbre alors avec fierté la victoire de la France et de ses alliés. Nos poilus ne se sont pas battus pour rien ; ils ne sont pas morts en vain : la patrie est sauvée, la paix, enfin, va revenir !

On November 11th, 1918, the French population breathes a sigh of relief. Starting from Compiègne, where the Armistice was signed at sunrise, peace spreads progressively on battlefields and puts violence to an end.

Finally, after four entire years of wrath, terror, and long nights at the front, both armies embrace the peaceful silence.

Finally, dreadful sounds are replaced by a lighthearted clamor which grows with the sound of bells, echoed by bugle corps, from big towns’ plaza to smaller villages in the countryside.

The victory achieved by the French Republic and its allies is celebrated all over the country. Our soldiers have not fought in vain ; have not been dying in vain : the nation is saved and peace can finally return.

Mais partout aussi, on constate le gâchis et on éprouve d’autant plus le deuil : là, un fils pleure son père ; ici, un père pleure son fils ; là, comme ailleurs, une veuve pleure son mari. Et, partout, on voit défiler des cortèges de mutilés et de gueules cassées.

Françaises, Français, dans chacune de nos villes et dans chacun de nos villages, Françaises et Français de toutes générations et de tous horizons, nous voilà rassemblés en ce 11 novembre.

Pour commémorer la Victoire. Mais aussi pour célébrer la Paix.

Nous sommes réunis dans nos communes, devant nos monuments aux morts, pour rendre hommage et dire notre reconnaissance à tous ceux qui nous ont défendus hier mais aussi à ceux qui nous défendent aujourd’hui, jusqu’au sacrifice de leur vie.

Nous nous souvenons de nos poilus, morts pour la France. De nos civils, dont beaucoup ont aussi perdu la vie. De nos soldats marqués à jamais dans leur chair et dans leur esprit. De nos villages détruits, de nos villes dévastées.

Nous nous souvenons aussi de la souffrance et de l’honneur de tous ceux qui ont quitté leur terre et sont venus d’Afrique, du Pacifique et d’Amérique sur ce sol de France qu’ils n’avaient jamais vu et qu’ils ont pourtant vaillamment défendu.

Nous nous souvenons de la souffrance et de l’honneur des dix millions de combattants de tous les pays qui ont été envoyés dans ces combats terribles.

We are gathered today to pay tribute and to express our gratitude to those who defended us yesterday, but also to those who protect us today, at the peril of their lives.

We remember the pain and the honor of those who left their motherland and came from Africa, the Pacific and America to defend bravely the French soil, which they had not even seen before.

We remember the pain and the honor of the ten millions fighters who were sent from all countries to take part in terrible battles.

Nous sommes unis en ce jour dans la conscience de notre histoire et dans le refus de sa répétition. Car le siècle qui nous sépare des terribles sacrifices des femmes et des hommes de 14-18 nous a appris la grande précarité de la Paix.

Nous savons avec quelle force, les nationalismes, les totalitarismes, peuvent emporter les démocraties et mettre en péril même l’idée de civilisation.

Nous savons avec quelle célérité l’ordre multilatéral peut soudain s’écrouler.

Nous savons que l’Europe unie, forgée autour de la réconciliation de la France et de l’Allemagne, est un bien plus fragile que jamais.

Vigilance ! Tel est le sentiment qui doit nous inspirer le souvenir de l’effroyable hécatombe de la Grande Guerre.

Ainsi serons-nous dignes de la mémoire de celles et ceux qui, il y a un siècle, sont tombés. Ainsi serons-nous dignes du sacrifice de celles et ceux qui aujourd’hui, font que nous nous tenons là, unis, en peuple libre. » Fin de citation.

Ce jour d’hommage à ceux qui sont tombés au champ d’honneur nous invite à garder le souvenir de l’adjudant Emilien Mougin et du Maréchal des Logis Timothé Dernoncourt, du 1er régiment Spahis, tous les deux morts pour la France au Mali le 21 février 2018. Et le souvenir du Caporal Bogusz Pochylzski, du 2ème régiment étranger d’infanterie, mort pour la France en Irak le 21 mars 2018.

Enfin, puisse notre action au Liban être toujours inspirée par l’amour que nous partageons pour la paix et la réconciliation. Oeuvrons sans relâche, ensemble, à défendre la paix dans cette région tourmentée.

Vive le Liban,
Vive la France,
Vive l’amitié franco-libanaise.

Dernière modification : 26/11/2018

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