Déclaration conjointe de la conférence de Rome II

Les participants à la réunion ministérielle de soutien aux forces armées et de sécurité intérieure du Liban, qui s’est tenue hier à Rome, ont publié la déclaration conjointe suivante.

1. Une réunion ministérielle en appui aux Forces armées et de sécurité intérieure du Liban s’est tenue à Rome le 15 mars 2018 sous les auspices du Groupe international de soutien pour le Liban (GIS) et sous la présidence des Nations Unies et de l’Italie.

2. Les participants ont remercié le ministre italien des Affaires étrangères Alfano, d’avoir convoqué la réunion inaugurée par le Premier ministre italien Paolo Gentiloni, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et le Premier ministre libanais Saad Hariri. Quarante pays et organisations, dont l’Union européenne et la Ligue arabe, ont participé à cet événement.

3. Les participants ont exprimé leur engagement en faveur de la stabilité, de la sécurité et de la souveraineté du Liban et leur soutien aux efforts en cours des autorités libanaises pour préparer la tenue des élections législatives du 6 mai 2018 conformément aux normes internationales. Ils ont rappelé la nécessité de protéger le Liban des crises qui déstabilisent le Moyen-Orient et ont appelé les États et organisations régionaux à œuvrer pour la stabilité et la sécurité politique, sociale, économique et financière du Liban, dans le plein respect de sa souveraineté et de son intégrité.

4. Les participants ont souhaité la bienvenue au Premier Ministre Hariri et remercié le gouvernement libanais pour ses efforts concertés visant à élaborer des plans à long terme pour renforcer la sécurité, la stabilité et la souveraineté du Liban et l’autorité de l’État libanais. Ils ont rappelé les déclarations du Groupe international de soutien du 8 décembre 2017 et du Conseil de sécurité du 19 décembre 2017 saluant le rôle de l’armée libanaise et de toutes les institutions de sécurité de l’État dans la protection du pays, de ses frontières et de sa population, et rappelant que l’armée libanaise est la seule force armée légitime du Liban, telle que consacrée par la constitution libanaise et l’accord de Taëf. Les participants ont salué le rôle des Forces de sécurité intérieure (FSI) du Liban parmi les institutions de sécurité légitimes de l’Etat libanais.

5. Les participants ont rappelé les dispositions pertinentes de l’accord de Taëf et des résolutions 1559 (2004), 1680 (2006) et 1701 (2006) du Conseil de sécurité, notamment les dispositions disant qu’il ne doit y avoir aucune autre arme et autorité au Liban que celles de l’État libanais, aucune force étrangère au Liban sans le consentement de son gouvernement, et aucune vente ou fourniture de matériel lié aux armes au Liban, sauf celui autorisé par son gouvernement. Les participants ont réaffirmé la nécessité de respecter pleinement et de mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité. Ils ont appelé toutes les parties libanaises à reprendre les discussions en vue d’un consensus sur une stratégie de défense nationale et ont salué la déclaration du président de la République libanaise, Michel Aoun datée du 12 mars 2018 à cet égard.

6. Les participants ont salué la déclaration du Premier ministre libanais lors de la réunion d’aujourd’hui réaffirmant l’engagement de son gouvernement envers la politique de distanciation, en tant que responsabilité collective de toutes les parties, de protéger le Liban des conflits régionaux et de s’abstenir d’intervenir dans les affaires des autres États. Conformément aux déclarations récentes du GIS et du Conseil de sécurité, les participants ont exhorté les dirigeants libanais à mettre en œuvre et à élargir sans délai une politique de distanciation tangible, comme indiqué dans les déclarations précédentes, en particulier la Déclaration de Baabda de 2012.

7. Les participants ont salué le succès de l’armée, des FSI et d’autres institutions de sécurité en réponse aux exigences de plus en plus complexes du maintien de la sécurité et de la stabilité du Liban depuis la Conférence ministérielle de Rome de juin 2014. Ils ont salué le rôle de l’armée qui a vaincu Daech, Al Nosra et d’autres groupes terroristes désignés par l’ONU, et consolidé l’autorité de l’État le long de la frontière nord et est du Liban, et pour ses efforts pour renforcer ses capacités navales et aériennes. Ils ont félicité les FSI, l’armée et d’autres institutions de sécurité pour leur efficacité à protéger les civils contre les activités terroristes au Liban en coordonnant activement leur action pour prévenir les attaques terroristes et entraver la formation de cellules et de capacités terroristes. Les participants ont salué le courage et la détermination des militaires et officiers de sécurité engagés dans ces efforts, notant les sacrifices de 22 d’entre eux qui ont perdu la vie dans des opérations à l’Est du pays ainsi que ceux de leurs familles. Ils ont noté les efforts humanitaires déployés par l’armée pour nettoyer les zones touchées par les mines terrestres et les munitions non explosées afin de protéger les communautés locales et favoriser le développement social et économique.

8. Les participants se sont félicités du Plan de développement des capacités de l’armée libanaise et du Plan stratégique des forces de sécurité intérieure, qui fournissent un cadre quinquennal pour renforcer la sécurité et consolider l’autorité de l’État. Les participants ont approuvé la vision du gouvernement libanais selon laquelle l’armée est l’unique défenseur de l’État libanais chargé également de la protection de ses frontières, et les FSI un instrument clé pour établir le monopole de l’utilisation de la force par l’État libanais. Ils ont salué les contributions budgétaires du Liban aux deux plans et ont apprécié l’engagement des plans envers la clarté et la transparence, l’accent mis sur un programme de réforme transformateur, l’accent mis sur la rentabilité, la confiance et les relations communautaires et les promesses d’accroître la participation des femmes à tous les niveaux de la prise de décision, conformément à la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. Les participants ont encouragé l’armée et les FSI à continuer d’élaborer et de mettre en œuvre des codes de conduite, ce qui constitue un pas important vers un respect accru des droits de la personne et de la responsabilité.

9. Les participants ont noté le redéploiement récent de personnel supplémentaire de l’armée dans la région située au sud du Litani et ont demandé au gouvernement libanais d’accélérer les déploiements effectifs et durables dans le Sud. Ils ont salué le rôle de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) dans la coopération avec les forces armées libanaises dans le but d’étendre et de consolider la présence de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire national et de ses eaux. Dans le cadre des résolutions 1701 (2006) et 2373 (2017) du Conseil de sécurité, les participants se sont félicités du concept de nouveau régiment modèle proposé par le Liban dans le cadre du dialogue stratégique en cours entre l’armée et la FINUL et les ont exhortés à intensifier leurs actions coordonnées dans la zone d’opérations de la FINUL. Les participants ont également noté positivement la proposition du Liban de renforcer la capacité de la marine libanaise. Les participants ont noté les efforts en cours pour appliquer pleinement la résolution 2373 (2017) du Conseil de sécurité.

10. Les participants ont reconnu la nécessité d’accélérer et de développer leur assistance à l’armée et aux forces de sécurité intérieure libanaises au cours des cinq prochaines années et ont encouragé un suivi coordonné mené par le Liban. Ils ont reconnu la force constante de l’engagement de la communauté internationale à soutenir la sécurité, la stabilité et la souveraineté du Liban. Les participants ont reconnu l’importance des contributions passées et la nécessité de mobiliser un nouveau soutien, y compris un soutien déterminant de la région, pour les plans présentés à Rome par le gouvernement libanais. Dans le même ordre d’idées, ils ont salué les contributions substantielles offertes par les partenaires du Liban pendant la réunion.

11. Les participants ont exprimé la conviction qu’un environnement de sécurité solide et durable au Liban contribuera à renforcer la confiance nécessaire pour accroître les investissements économiques et le développement à long terme et faire progresser le Liban vers la réalisation des objectifs de développement durable d’ici 2030. À cet égard, ils ont pris note de la tenue de la réunion CEDRE de Paris, le 6 avril, en appui aux réformes libanaises et aux plans d’investissement et de la réunion de Bruxelles, le 25 avril, pour soutenir les communautés d’accueil et les réfugiés au Liban .

Dernière modification : 16/03/2018

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