Le général Abbas Ibrahim fait Chevalier de la Légion d’honneur (24.07.18)

L’Ambassadeur Bruno Foucher a remis les insignes de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur au général de division Abbas Ibrahim, Directeur général de la Sûreté Générale du Liban, lors d’une réception à la Résidence des Pins.

JPEG
Monsieur le ministre Salim Jreissati, représentant le Président de la République,
Monsieur le député Michel Moussa, représentant le Président de la Chambre des députés,
Monsieur le ministre Jean Oghassabian, représentant le Président du Conseil des ministres,
Messieurs les ministres,
Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

Mon général,

Nous sommes rassemblés ce soir à la résidence des Pins afin de vous honorer de la plus haute décoration française.

Avant de revenir sur les raisons qui ont conduit la France à vous accorder sa plus prestigieuse décoration, laissez-moi rappeler, dans les grandes lignes, les étapes les plus importantes de votre carrière.

Originaire de Saida où vous naissez en 1959, vous embrassez dès l’âge de 21 ans une carrière militaire qui s’avérera riche, intense et diversifiée.

Vous rentrez à l’école militaire en 1980, pendant une période troublée où l’on ne s’engage pas dans un métier d’autorité par hasard. Après votre scolarité d’officier, vous servez dans plusieurs unités d’infanterie, dont la 10ème brigade aéromobile.

Les missions délicates ne vous effraient pas, puisque vous avez été chargé de la protection de l’envoyé de la Ligue arabe au Liban en 1987 et 1988, puis de feu le président de la république Elias Hraoui de 1989 à 1992. Vous avez aussi assuré la protection du premier ministre défunt Rafic Hariri de 1991 à 1993.

Votre carrière connaît un tournant en 1993, lorsque vous rejoignez la force de frappe du renseignement de l’armée libanaise. Vous avez alors embrassé une riche carrière dans le renseignement.

De 1994 à 1998, vous êtes chef de section dans la branche d’anti-terrorisme et de contre-espionnage de l’armée, puis vous devenez le chef de cette branche de 1998 à 2002, confirmant vos compétences et votre expérience dans ces fonctions particulièrement exigeantes et sensibles. De 2003 à 2005, vous enrichissez votre parcours en dirigeant le prestigieux régiment Commandos.

De 2005 à 2008, vous dirigez le service de renseignement de l’Armée dans la région du Sud Liban, pendant une période sensible et agitée, où la coopération que vous mettez en place avec la France notamment, permet d’assurer une meilleure sécurité pour l’ensemble de vos concitoyens libanais et des Français résidant au Liban.

Vos états de service vous valent ensuite de devenir le premier adjoint du directeur du renseignement de l’armée, de 2008 à 2011.

Votre carrière connaît alors un nouveau tournant très important. Vous êtes appelé à diriger la Direction Générale de la Sûreté Générale, et êtes promu général de division. Depuis 2011, vous n’avez cessé de moderniser la Sûreté Générale afin qu’elle assure avec toujours plus d’efficience ses deux missions essentielles : d’une part le contrôle des frontières aériennes, terrestres et maritimes, et d’autre part la lutte contre le terrorisme. Vous avez fait de la Sûreté Générale un service de sécurité incontournable, connu et reconnu, dans une période où les défis et les dangers n’ont pas manqué en matière de contrôle des frontières et de lutte contre le terrorisme.

Vous avez assumé ces hautes responsabilités dans un contexte particulièrement délicat. En tant que police aux frontières, la Sûreté Générale a exercé ses prérogatives régaliennes dans un contexte dégradé et difficile depuis le début du conflit en Syrie. En tant que service de renseignement et de lutte contre le terrorisme, la Sûreté Générale a pris toute sa place dans les nombreuses opérations préventives menées par les différentes forces de sécurité libanaises ces dernières années.

Je salue tous les efforts de modernisation de votre institution menés sous votre impulsion, afin que la Sûreté Générale réponde à ces impérieux défis. Le déploiement d’équipements très modernes à l’aéroport international Rafic Hariri en est une très concrète illustration.

Vos excellents états de service vous ont valu tout au long de votre carrière de nombreuses récompenses et distinctions. Je note que, parmi celles-ci, la France vous a déjà distingué en vous décernant la médaille de la défense nationale.
***

Après ce rapide rappel de votre carrière brillante, j’aimerais maintenant évoquer les mérites qui ont conduit le Président de la République à vous décerner la plus haute décoration française.

Francophone vous-même, vous soutenez avec constance la francophonie. Depuis de nombreuses années, des officiers et sous-officiers issus des rangs de la Sûreté Générale enseignent le français à leurs collègues, en partenariat avec l’Institut français. La langue française est ainsi enseignée par des Libanais à d’autres Libanais, illustration de la vivacité de la francophonie au sein de l’institution que vous dirigez. Je sais que vous avez apporté un soutien personnel à la formation de plusieurs professeurs de français langue étrangère qui font un travail remarquable au service de la langue française. Je les en remercie devant vous.

Le nombre important d’officiers et de sous-officiers francophones facilite grandement la coopération technique entre le ministère de l’intérieur français et la Sûreté Générale. Plusieurs officiers de la Sûreté Générale ont ainsi, au terme d’une rude sélection, intégré soit l’école des commissaires de police à Saint-Cyr au Mont d’or, soit l’école des officiers de police à Cannes-Ecluses. Cette scolarité d’une année, en tant que cadre de police étranger, permet régulièrement à des officiers à haut potentiel d’enrichir leur expérience personnelle et professionnelle en suivant la même formation initiale que les cadres supérieurs de la police nationale française.

Cela permet une excellente connaissance mutuelle de nos institutions et entretient la confiance et l’amitié entre les responsables sécuritaires de nos deux pays. Nous sommes fiers qu’autour de vous, plusieurs officiers supérieurs aient passé une année aux côtés de leurs collègues français. C’est un excellent moyen de créer des liens forts entre les élites de nos institutions sécuritaires respectives.

A la tête de la Sûreté Générale, vous avez également permis le développement d’échanges d’expertise technique entre nos deux pays, particulièrement avec notre police aux frontières. Plusieurs stages, en France ou au Liban, ont permis d’échanger sur les techniques de détection de la fraude documentaire, la lutte contre les réseaux d’immigration irrégulière, la sécurité et la protection des hautes personnalités.

Vous avez toujours accordé une attention particulière à ces échanges de savoir-faire entre nos deux pays. Vous disposez notamment d’agents particulièrement expérimentés et pointus en matière de fraude documentaire et les échanges sont particulièrement enrichissants dans ce domaine entre les policiers français et les agents de la Sûreté Générale.

Par ailleurs, la Sûreté Générale entretient une coopération opérationnelle exemplaire avec les différents services sécuritaires français, s’appuyant sur la longue histoire d’amitié entre nos deux pays et la confiance établie entre nos services respectifs. Vous entretenez d’ailleurs d’excellentes relations avec vos homologues français des services de renseignement, ne ratant aucune occasion de rencontres en France ou au Liban. Dans le contexte de la lutte contre Daech et Al Qaeda, je salue l’impulsion donnée aux échanges, particulièrement fructueux, entre la Sûreté Générale et les services français de lutte contre le terrorisme. Dans votre action quotidienne, vous avez régulièrement démontré votre attachement à la sécurité de la France, conscient que les ennemis du Liban sont parfois aussi les ennemis de la France. L’attentat de Bourj El Barajneh le 12 novembre 2015, puis les attentats de Paris du 13 novembre 2015, ont rappelé à nos deux pays cette brutale réalité.

Grand serviteur de l’Etat libanais, vous êtes un homme de médiation et de négociation, au service des intérêts supérieurs du pays, souvent bien au-delà de l’institution que vous dirigez. Ne ménageant ni votre peine, ni vos efforts, vous êtes un homme d’action qui n’hésite pas à s’exposer personnellement pour résoudre les situations les plus délicates. La France sait qu’elle peut vous compter parmi ses interlocuteurs de confiance au service de la sécurité du Liban et de la France.

Pour votre amitié indéfectible pour la France, votre sens élevé du devoir et les nombreux services rendus à notre pays, le Président de la République française a officialisé dans un décret du 10 mai 2017 votre nomination dans le grade de Chevalier de la Légion d’honneur, vous manifestant ainsi la gratitude de la Nation française. Je vais maintenant avoir le plaisir de vous décorer en son nom.

« Au nom du Président de la République, nous vous remettons les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur. »

Dernière modification : 25/07/2018

Haut de page