Messe aux intentions de la France pour la fête de l’Assomption (15 août 2017)

La messe annuelle du 15 août aux intentions de la France a été célébrée par l’Archevêque maronite de Beyrouth, Monseigneur Boulos Matar, en sa résidence d’été de Ain Saadé, et en présence d’une délégation de l’ambassade conduite par l’Ambassadeur Bruno Foucher, ainsi que de nombreuses personnalités politiques libanaises.

Retrouvez ci-dessous l’allocution de l’Ambassadeur, prononcée lors du déjeuner qui a suivi la cérémonie religieuse.

Monseigneur, Messeigneurs,
Messieurs les Ministres, Messieurs les Députés,
Madame le Sénateur des Français de l’Etranger,
Révérends Pères,
Mesdames et Messieurs, Chers amis

C’est un grand honneur pour moi d’être pour la première fois votre invité à Ain Saadé pour la fête de l’Assomption.

Au nom de la délégation que je conduis, je vous remercie très chaleureusement de votre accueil et des prières que vous venez d’élever aux intentions ‎de la France. Votre bienveillance nous touche profondément.

Chaque année, la célébration de l’Assomption, fête chère au cœur des Libanais, donne lieu à cette messe ‎célébrée aux intentions de la France. Nous sommes attachés à cette tradition qui témoigne des liens étroits et historiques qui lient le Liban, la communauté maronite et la France.

Cette célébration revêt pour moi une dimension particulière alors que je viens de prendre mes fonctions au Liban. Je suis honoré de la confiance que m’a témoigné le président de la République en me choisissant afin d’assurer cette mission exigeante dans un pays ami avec lequel la France a en partage une histoire et un destin. Le Liban constitue pour la France un modèle de pluralisme et de diversité. Il est porteur d’un message de paix et de tolérance qui a une résonance toute particulière dans une région marquée par l’instabilité et la violence. Cette spécificité libanaise fait du Liban, un pays bien plus grand que lui-même.

Monseigneur, Messeigneurs,

Vous contribuez par votre engagement fidèle et assuré en faveur du dialogue interreligieux, de la citoyenneté et du vivre-ensemble à renforcer toujours plus ce rayonnement. Dans ce travail de tous les jours, vous pouvez être assurés du soutien de mon pays car nous sommes convaincus que c’est seulement par le maintien de cette diversité que le Moyen-Orient pourra retrouver le chemin de la paix et de la démocratie.

Pour toutes ces raisons, la France a à cœur de développer toujours plus ses partenariats avec le Liban et soyez assuré que je mettrais tout en œuvre pour mener à bien cette mission.


Monseigneur,

Le Liban a, au cours de cette année, franchi plusieurs étapes importantes. Un président de la République a été élu, un Premier ministre désigné et un gouvernement formé. Les institutions ont recommencé à fonctionner. Plus récemment, les forces politiques sont parvenues à adopter une nouvelle loi électorale. Les prochaines élections législatives sont prévues en mai 2018. Il s’agit d’importantes avancées que nous saluons. Elles sont d’autant plus positives qu’elles sont le fruit d’un compromis entre les Libanais sans interférences extérieures.

La tenue de ces prochaines élections permettra maintenant de parachever ce processus et de conduire les réformes dont le Liban a besoin et auxquelles les Libanais aspirent. Nous sommes confiants dans les capacités du Liban à les mener à bien. La France maintiendra son soutien au Liban dans cette phase comme nous l’avons toujours fait.


Monseigneur,

Sur le plan sécuritaire, la situation aussi s’est améliorée. Nous pouvons nous réjouir que depuis plusieurs mois, le Liban n’ait pas subi d’attentats majeurs. Nous devons aussi rester vigilants car cette stabilité n’est pas le fruit d’un recul de la menace mais bien de l’efficacité de l’armée et des services de sécurité auxquels je souhaiterai rendre un hommage appuyé. Le Liban et la France font aujourd’hui face à un ennemi commun. L’efficacité des services de sécurité leur vaut donc toute notre reconnaissance car en protégeant le Liban, elles contribuent à la sécurité de notre pays. La France maintiendra donc son aide à l’armée libanaise. Nous livrons actuellement les équipements promis par le président Hollande en avril 2016 qui permettront aux FAL de mieux combattre les groupes djihadistes dans la région d’Ersal, d’El-Qaa et de Ras-Baalbeck.

Nous soutenons également la stabilité du Liban par notre engagement au sein de la FINUL dans laquelle nous sommes présents depuis sa création en 1978 et je salue le général Thiébault, chef d’Etat-major de la FINUL, présent parmi nous aujourd’hui. Par son nombre, le contingent français est l’un des principaux contributeurs de cette mission de maintien de la paix.


Monseigneur,

Le Liban doit également faire face aux conséquences de la crise syrienne sur son propre territoire. Votre pays a fait preuve d’une générosité exemplaire en accueillant un nombre très élevé de réfugiés syriens. Mais vos capacités d’accueil ne sont pas sans limites. La France est solidaire du Liban et prend sa part à la réponse internationale. Nous avons rehaussé notre niveau d’intervention, en augmentant les financements et en accueillant plus de réfugiés. Il est clair que cela demeure insuffisant au regard de l’ampleur de la crise mais soyez assurés que les partenaires du Liban font tout pour alléger ce fardeau. Nous continuerons à prendre toute notre part dans ce domaine. Le retour durable des réfugiés dans leur pays tout comme la reconstruction économique de la Syrie suppose une paix durable qui ne pourra être atteinte qu’au travers une solution politique. Nous avons constaté récemment la mise en œuvre d’opérations de retour locales et limitées. Il semble néanmoins que les conditions d’un plan plus global ne soient pas encore réunies.


Monseigneur,

J’aurais enfin à cœur dans ma mission d’approfondir notre coopération en matière culturelle et linguistique au service d’une francophonie bien vivante dans votre pays. La France maintient en effet un fort engagement en faveur de l’enseignement du français en français au niveau scolaire et universitaire.

Je sais que votre Eglise, votre communauté et vous-mêmes défendez avec passion la francophonie et ses valeurs dans vos écoles et universités et je vous remercie de cet engagement à défendre le français comme passerelle des cultures et valeurs fondamentales de nos deux peuples. De notre côté, nous accueillons en France, certains de vos ecclésiastes désireux de poursuivre dans nos universités leurs travaux.

Je veux vous assurer de notre volonté de poursuivre ces échanges, qui permettent à l’enseignement du français de rester dynamique et moderne et de donner aux jeunes Libanais et à toutes les forces vives du pays, les compétences qui leur permettront de relever les nombreux défis auxquels le Liban est confronté.

Comme vous le voyez, ma feuille de route est déjà bien remplie. Nous avons beaucoup de choses à faire ensemble pour préparer l’avenir, beaucoup à entreprendre pour le bien des Français comme des Libanais. C’est pourquoi je souhaite lever mon verre à notre amitié, en vous remerciant chaleureusement de l’accueil que vous m’accordez aujourd’hui, ainsi qu’à la délégation.

Vive la France !
Vive le Liban !
Et vive l’amitié franco-libanaise !

Dernière modification : 25/08/2017

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