Que fait une chancellerie ?

La chancellerie est « l’ état-major » de l’ambassadeur et la plaque tournante de l’ensemble de sa mission. Ce terme traditionnel désigne la petite équipe de diplomates proprement dits qui sont les plus proches collaborateurs du chef de mission.

L’ambassadeur, chef d’orchestre

Ambassadeur : un titre toujours prestigieux, à en juger par l’usage qu’en fait la publicité des fromages ou des chocolats. Mais en réalité un personnage mal connu.

Un "bâton de maréchal" : les ambassadeurs portent en principe ce titre pour la durée de leurs fonctions. Quelques-uns couronnent leur carrière en étant, selon la formule consacrée, "élevés à la dignité d’ambassadeurs de France", ce qui veut dire qu’ils gardent ce titre toute leur vie.

Comment devient-on ambassadeur ?

L’ambassadeur de France dans un pays étranger (ou le représentant permanent auprès d’une organisation internationale) est nommé par le président de la République en Conseil des ministres sur proposition du ministre des Affaires étrangères, c’est-à-dire selon la procédure la plus solennelle. C’est un des " emplois supérieurs à la décision du gouvernement ", qui peut donc, en droit, nommer qui bon lui semble. C’est l’habitude aux États-Unis, où les ambassadeurs changent avec les présidents. En France, le cas est rare. Le choix se porte presque toujours sur des diplomates ayant une bonne pratique de leur métier, autrement dit ayant atteint le grade de ministre plénipotentiaire ou au moins de conseiller de première classe.

Le chef de mission à son poste

L’ambassadeur assume la plénitude des pouvoirs de l’État à son poste. Il est responsable de tout ce qui intéresse la France dans le pays où il se trouve. Le ministère s’efforce de le guider dans l’exercice de cette responsabilité.

Une fois désigné par le Conseil des ministres, le futur ambassadeur doit obtenir l’agrément du pays où il se rend. C’est ensuite seulement que sa nomination sera prononcée et publiée. Arrivé à son poste, il est reçu par le ministre des Affaires étrangères, puis par le chef de l’État, auquel il remet la lettre du président de la République notifiant sa nomination ; c’est cette lettre que l’on appelle "lettres de créance" (toujours au pluriel). Il est alors "accrédité" et jouit des immunités et privilèges garantis par le droit international, qui sont destinés à le mettre à l’abri de toute pression de la part des autorités du pays de séjour.

Le "numéro deux"

Il assiste et supplée éventuellement l’ambassadeur dans toutes ses fonctions. L’ambassadeur ayant en priorité vocation pour les tâches extérieures (démarches, représentation, communication), il revient à son adjoint de faire pendant ce temps " tourner la machine ".

Il centralise la correspondance et en vérifie la cohérence. Il veille à la coordination entre les services techniques. Il supervise l’administration quotidienne. Il est presque toujours " officier de sécurité ", responsable de la protection des agents et des documents. Il commande le peloton de gendarmes ou de policiers qui se relaient jour et nuit pour garder les locaux et qui accueillent les visiteurs, leur offrant ainsi souvent leur première image de la France.

En cas d’absence du chef de mission, il le remplace en qualité de " chargé d’affaires". Dans les grandes ambassades, le numéro deux s’appelle " ministre-conseiller ". Dans des dizaines de postes, il est en fait le seul diplomate avec l’ambassadeur : il n’y a pas de numéro trois.

L’équipe diplomatique

Elle comprend des conseillers, secrétaires et attachés en nombre variable : une quinzaine à l’ambassade de Washington ou dans les délégations auprès des Nations Unies ou de l’Union européenne ; le plus souvent un ou deux seulement.

Chacun traite une catégorie de dossiers. Quand l’effectif est réduit, l’un suit par exemple la situation dans le pays de séjour, l’autre les relations avec la France. Quand l’équipe est plus nombreuse, elle se ramifie et ses membres se spécialisent.

Chacun dans son secteur prépare le travail de l’ambassadeur, chacun aussi agit à son niveau suivant les instructions du chef de poste.

Dans une mission multilatérale, chaque agent suit une ou plusieurs commissions. En général, l’ambassadeur réunit cette équipe chaque matin pour faire le point et répartir le travail.

Le service du chiffre est le cœur de la chancellerie, puisqu’il achemine l’essentiel de la correspondance. Aujourd’hui, le cryptage des télégrammes est automatique et la transmission instantanée. C’est la distribution qui prend du temps. C’est pourquoi l’écran tend à supplanter le support papier.

Le Centre d’archives et de documentation (CAD) envoie, reçoit et classe l’ensemble de la correspondance. Le courrier non chiffré, c’est-à-dire les lettres (que l’on appelle " dépêches ") emprunte la valise diplomatique. Le secrétariat, dont la tâche matérielle est aujourd’hui allégée par l’informatique, fait en langue étrangère ce que des assistantes de direction font en français en France.

Dernière modification : 13/06/2017

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